Jaunisse de la betterave : un rôle à jouer pour le biocontrôle ?
Christelle / / Biodiversité
Le PNRI-C a présenté en début d’année les leviers contre la jaunisse de la betterave et les combinaisons actuellement testées (prophylaxie, surveillance, plantes compagnes, biocontrôle). Le comité technique a notamment évoqué des produits de biocontrôle déjà homologués ou pas. Les résultats sont hétérogènes selon la pression pucerons/virus et les conditions d’application. Dans cette continuité, le PEI AEStra va modestement tester la voie “biocontrôle” en s’intéressant spécifiquement aux préparations naturelles fabriquées à la ferme (purins d’orties en usage répulsif), afin d’en observer l’intérêt et les conditions d’usage.
La jaunisse de la betterave : Elle se manifeste chaque année et touche particulièrement certaines régions. Depuis quatre ans, les plus affectées sont le Centre-Val de Loire, l’Île-de-France et le Grand Est. Quatre types de virus sont impliqués : BChV, BMYV, BYV et BtHV. En 2025, la majorité des cas de jaunisse graves sont liés au BYV, dû à une forte pression de pucerons noirs Aphis fabae, qui ont la capacité de transmission du virus.
En 2025, 4 niveaux de leviers à combiner
1) Gestion prophylactique prioritaire
Un agriculteur de Centre-Val de Loire, : “Ce virus, si on veut le contrôler, il faut en priorité gérer les réservoirs viraux”
Les principales cultures réservoirs de virus sont betterave, phacélie et féverole, tandis que les cultures réservoirs de pucerons comprennent les crucifères : colza, moutarde, radis.
Il est essentiel de gérer les repousses et collets de betterave, soit par destruction chimique, soit par enfouissement. De plus, les couverts doivent être gérés : la phacélie doit être éliminée pour éviter la contamination, et il est recommandé d’éviter de la semer comme culture intermédiaire.
2) Épidémiosurveillance à renforcer
Le suivi des populations de virus et de pucerons est crucial.
3) Plantes compagnes en renfort
L’objectif est de perturber la vue et l’odorat des pucerons.
Il est conseillé de semer des graminées en même temps que les betteraves, à l’aide d’un semoir classique ou d’un épandeur à petites graines.
Exemples : Avoine Rude (10-12 kg/ha) et Orge de Printemps (25-30 kg/ha). Ces graminées doivent être détruites au stade 4 feuilles de la betterave pour éviter toute perte de rendement.
3) Produits aphicides et de biocontrôle : des tests en cours et à poursuivre notamment en combinaison de produits
Produits conventionnels :
- TEPPEKI : 1 application
- MOVENTO : pas homologué
- BAS 550 : pas homologué
Le traitement est recommandé lorsque 10 % des betteraves présentent des aptères verts (Myzus persicae) ou lorsqu’il y a un présence d’aptère vert, même si le seuil n’est pas atteint, avec 10 % de betterave qui présentent des aptères noirs.
Rôle du biocontrôle : Protection du végétal avec mécanismes naturels sans avoir recours aux produits phytosanitaires ou en limitant leur utilisation
Les produits de biocontrôle testés sont les suivants :
- Allomones : répulsif
- Phéromone Bene Pro Spray : attire les auxiliaires
- Huile de paraffine : barrière physique (seul produit homologué)
- Huiles essentielles : complémentaire
Vers des combinaisons des solutions de lutte :
Dans le cadre du PNRI-C, plusieurs combinaisons sont testées avec des résultats hétérogènes :
- TEPPEKI + plantes compagnes (vesce, féverole, avoine rude, orge de printemps)
- TEPPEKI + biocontrôle
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